Echo orthodoxe

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dimanche 20 mars 2011

Christos Yannaras à Paris - 3 conférences: 25, 26 et 28 mars 2011

Avec la bénédiction de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France

MÉTROPOLE ORTHODOXE ROUMAINE D'EUROPE OCCIDENTALE ET MÉRIDIONALE
DIOCÈSE ORTHODOXE SERBE D'EUROPE OCCIDENTALE
L’INSTITUT DE THÉOLOGIE ORTHODOXE SAINT SERGE

ont l'honneur de vous inviter à TROIS CONFÉRENCES de

CHRISTOS YANNARAS

LE VENDREDI
25 MARS A 19H30
EGLISE ET RELIGION: DEUX RÉALITÉS OPPOSÉES
à l’église des Saints Archanges
9bis, rue Jean de Beauvais
75005 Paris
M10 Maubert-Mutualité
Bus 24, 47, 63, 86, 87
Tél : 01.43.54.67.47

LE SAMEDI
26 MARS A 19H30
L' EUROPE ACTUELLE: CRISE D’UN “MODE D'EXISTENCE” ?
à l’église de Saint Sava
23, rue du Simplon
75018 Paris
M4 Simplon
Bus 56
Tél: 01.42.52.99.90

LE LUNDI
28 MARS A 19H30
LA “CHUTE”: ÉVÉNEMENT HISTORIQUE OU RÉALITÉ EXISTENTIELLE ?
à l’Institut de théologie orthodoxe Saint Serge
93, rue de Crimée
75019 Paris
M5 Laumière
Bus 48, 60, 75
Tél: 01.42.01.96.10

Christos YannarasChristos Yannaras, né en 1935 à Athènes, a fait des études de philosophie et de théologie à Athènes, Bonn et Paris. Docteur de la Faculté des Lettres de Paris (Sorbonne) et de la Faculté de théologie de Thessalonique, il est membre de l'académie internationale des Sciences religieuses et membre du comité de direction de la revue « Concilium ». Il est professeur émérite de philosophie à l'Institut des sciences politiques d'Athènes. - http://fr.orthodoxwiki.org/Christos_Yannaras

BIBLIOGRAPHIE DE LIVRES PARUS EN FRANÇAIS:
- Variations sur le Cantique des cantiques: essai sur l'éros, Desclée de Brouwer, Paris 1992.
- La Foi vivante de l'Église, Introduction à la théologie orthodoxe, Éd. du Cerf, Paris, 1989.
- Vérité et unité de l'église, Editions Axios, Grez-Doiceau, 1989.
- Philosophie sans rupture, Labor et fides, Genève, 1984.
- Liberté de la morale, Labor et fides, Genève, 1983.
- De l'absence et de l'inconnaissance de Dieu : d'après les écrits aréopagitiques et Martin Heidegger, Éditions du Cerf, Paris, 1971.

Partenaire média: ORTHODOXIE.COM

Contact: troisconferences@gmail.com

Affiche PDF

samedi 11 octobre 2008

Les blogs orthodoxes en français

Les blogs orthodoxes en français

Quelque dizaines de sites orthodoxes en français ont vu la lumière sur la toile ces dernières années (voir http://repertoire.egliseorthodoxe.com). Et les blogs n'ont pas manqué l'appel non plus.

Un blog (ou « blogue » ou encore « weblog ») est défini par le Journal officiel comme étant un "site sur la toile, souvent personnel, présentant en ordre chronologique de courts articles ou notes, généralement accompagnés de liens vers d'autres sites."

En fait, la plupart des sites proposent aussi des liens vers d'autres sites - donc ce n'est pas tellement caractéristique pour un blog. Mais, pour nuancer la définition de JO, par rapport au journal intime (plus ou moins) ou à la chronique, un weblog fait souvent référence, dans ses commentaires/notes, à d'autres sites Web ou à d'autres ressources Web, sous la forme de liens.

Un logiciel de type blog se trouve derrière un site web blog, pour permettre tout cela. Parmi les plus utilisés en France sont: WordPress, TypePad et Dotclear. Pour de raisons pratiques, certains webmasters peuvent utiliser un logiciel de type blog pour créer un site, sans que ce site soit vraiment un blog (comme www.orthodoxie.com).

Parmi les plus riches blogs orthodoxe personnels à ce jour :

Il y a aussi quelque blogs paroissiales :

A noter aussi :

vendredi 10 octobre 2008

Dimanche 12 octobre 2008, 17ème de Pentecôte, les Pères du VIIème concile œcuménique (787)

Dimanche 12 octobre 2008, 17ème de Pentecôte, les Pères du VIIème concile œcuménique (787)

Tropaire de la Résurrection en ton 8 

Tu es descendu des hauteurs, ô Plein de bonté ! Tu as accepté l’ensevelissement de trois jours, afin de nous délivrer de nos passions, ô notre Vie et notre Résurrection, Seigneur, gloire à toi !

Tropaire des saints Pères en ton 8 

Sois glorifié par-dessus tout, ô Christ notre Dieu, qui sur terre as établi nos Pères saints comme des flambeaux, et grâce à eux nous as tous conduits vers la vraie foi. Dieu de miséricorde, Seigneur, gloire à toi !

Kondakion de la Résurrection en ton 8

Ressuscité du tombeau, Tu as éveillé les morts et ressuscité Adam ; Eve danse de joie en ta Résurrection et les confins de la terre célèbrent ton éveil d’entre les morts, ô Dieu de miséricorde !

Gloire…

Kondakion des saints Pères en ton 8

Le message des Apôtres et l’enseignement des Pères saints pour l’Eglise affermissent l’unité de la foi. Portant la tunique de vérité tissée par la céleste révélation, elle dispense fidèlement et glorifie le grand mystère de la foi.

Et maintenant…

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mercredi 24 septembre 2008

Photos et informations de l'intronisation de l'Archevêque Jean (Yazigi), Métropolite d'Europe Occidentale et Centrale du Patriarcat grec-orthodoxe d'Antioche et de tout l'Orient, le 20 septembre 2008, à Paris

Mgr Jean Yazigi - Metropolitan John YazigiQuelques 500 photos de l'intronisation de l'Archevêque Jean (Yazigi), Métropolite d'Europe Occidentale et Centrale du Patriarcat grec-orthodoxe d’Antioche et de tout l'Orient, le 20 septembre 2008 à Paris (aussi de la Divine Liturgie de dimanche 21 septembre 2008, présidée par le Patriarche Ignace IV), qui s'ajoutent aux autres informations sur Mgr Jean (Yazigi) – un visage d'évêque que tout le monde a aimé et qui donne beaucoup d'espérance de renouveau dans la communauté antiochienne en France et en Europe.

Some 500 photos of the enthronement of His Eminence Metropolitan John (Yazigi) as head of the Antiochian Orthodox Archdiocese of Western and Central Europe headquartered in Paris, France. Also photos from the Divine Liturgy of September 21, 2008.

lundi 15 septembre 2008

20 septembre 2008: Journées portes ouvertes à l’Institut Saint-Serge (et d'autres nouvelles de l'Institut)

20 septembre 2008: Journées portes ouvertes à l’Institut Saint-Serge (et d'autres nouvelles de l'Institut)

L’Institut de Théologie Orthodoxe Saint-Serge ouvre ses portes le samedi 20 septembre 2008 de 10h00 à 16h00 et accueille tous ceux qui s’intéressent à l’Église orthodoxe, à sa théologie et à sa tradition et souhaitent connaître les différentes formations proposées :

Pendant la journée, les visiteurs auront la possibilité de découvrir le programme, le rythme des cursus proposés, les matières étudiées, les débouchés, rencontrer les enseignants et les responsables pédagogiques qui pourront donner des conseils personnalisés. Les étudiants qui suivent actuellement les différents cursus partageront leurs expériences et répondront aux questions posées et vous feront visiter les locaux.

Programme de la journée

- 10h00 - ouverture de l’Institut ;
- 11h00 - Exposé du doyen de l’Institut sur les différents cursus et formations ;
- 14h30 - Intervention du responsable de la FTC et rencontre avec les étudiants ;
- 15h30 - Visite de l’église Saint-Serge.

Evénements à venir à l'Institut Saint-Serge

Autres infos

vendredi 19 octobre 2007

Dimanche 21 octobre 2007, 23ème après Pentecôte, sixième après la Croix - Les saints martyrs pour l’Orthodoxie en Transylvanie, Bessarion et ses compagnons

Dimanche 21 octobre 2007, 23ème après Pentecôte, sixième après la Croix - Les saints martyrs pour l’Orthodoxie en Transylvanie, Bessarion et ses compagnons

Tropaire de la Résurrection, en ton 4

Recevant de l’ange la joyeuse nouvelle de la Résurrection de leur Seigneur et détournant l’ancestrale condamnation, les saintes Femmes se firent gloire d’annoncer aux apôtres: le Christ a triomphé de la mort ! Il est ressuscité, notre Dieu, pour donner au monde la grâce du salut.

Tropaire(s) et kondakion (a) de l’église.

Gloire au Père et au Fils et au saint Esprit…

Kondakion de la Résurrection, en ton 4

Mon Sauveur et mon Libérateur a ressuscité tous les mortels, les arrachant par sa force divine aux chaînes du tombeau. Il a brisé les portes de l’enfer et en Maître souverain Il est ressuscité le troisième jour.

Et maintenant…

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jeudi 20 septembre 2007

Mgr Daniel, Patriarche de l'Eglise roumaine : « Je me considère comme un Orthodoxe réaliste, sans peur du dialogue »

« Je me considère comme un Orthodoxe réaliste, sans peur du dialogue »

Entretien du métropolite Daniel, Patriarche de l’Église roumaine à « Radio România Actualitàti », le 13 septembre 2007.

 

Son Éminence Monseigneur Daniel, métropolite de Moldavie et de Bucovine, est le nouveau patriarche élu de l'Église orthodoxe roumaine, suite au vote du 12 septembre par le Collège électoral ecclésiastique. La personnalité et l’activité de Monseigneur Daniel comme Métropolite ont été fréquemment présentées par les Moyens de communication, surtout dans la période qui a précédé les élections à la fonction de Patriarche. Dans le premier entretien qu’il a accordé au poste national de Radio, le sixième patriarche de Roumanie aborde trois sujets : le grand défi que rencontre l’Église aujourd’hui ; la crédibilité de cette institution du Pays dans sa relation avec le monde politique ; le bien-fondé et l’opportunité de l’Oecuménisme.

Le reporter : Votre Éminence, nous vous félicitons tout d’abord pour la confiance que vous a accordée le Collège électoral ecclésiastique en vous élisant Patriarche de l’Église orthodoxe roumaine. Que Dieu vous aide dans le ministère que vous allez accomplir, qui est la plus grande fonction de service dans l’Église !

Mgr Daniel : Nous vous remercions pour ces félicitations ; bien sûr, nous considérons que c’est Dieu qui nous a appelé à ce service, qui est un service très difficile. Mais ce service est nécessaire à l’Église, de sorte que, avec le Saint-Synode et tout le clergé du Pays, nous servions l’Église sur la voie du Salut : le premier appel adressé à tous les humains est en effet l’appel à se préparer dès cette vie pour la vie éternelle, un appel à chercher le Salut.

La sécularisation, le plus grand défi à l’Église

Le reporter : Votre Éminence, quel est, selon vous, le plus grand défi auquel l’Église est confrontée en ce temps ?

Mgr Daniel : Je crois que le premier et le plus grand défi est la sécularisation, plus précisément celle de la vie personnelle et de la vie de la société : comme si Dieu n’existait pas. En d’autres termes, il s’agit d’une société qui se construit de plus en plus sans référence à Dieu, sans référence aux valeurs religieuses. De ce point de vue, plus la sécularisation augmente, plus l’Église doit demeurer fidèle, confiante dans le Christ : plus elle doit intensifier sa vie spirituelle. Dans cette polarisation, sécularisation / sainteté, nous devons lutter pour pouvoir maintenir la vocation principale de l’être humain, qui consiste à développer la vie en relation avec Dieu. Si nous oublions Dieu, alors la dignité humaine également, ou la valeur éternelle de l’être humain se perd.

La sécularisation se présente donc comme un problème, et nullement comme une solution. Elle n’est pas une solution, parce qu’elle limite l’existence de l’être humain au biologique et au cosmique. En d’autres termes, elle limite l’existence de l’être humain à ce qui est terrestre. Or, la vocation principale de l’être humain consiste à porter en soi une aspiration éternelle, une aspiration à l’amour éternel, une aspiration à la vie éternelle. C’est la foi qui donne cela, la foi en tant que lien vivant avec Dieu éternel et immuable.

Le reporter : Comment l’Église peut-elle freiner cette tendance croissante – en Occident européen elle est plus accentuée, mais on voit que chez nous également cette tendance augmente – à séparer l’être humain du spirituel, et de Dieu ? Par quel moyen l’Église pourrait-elle la contrecarrer ?

Mgr Daniel : Pour nous, il nous faut d’abord suivre la tradition des saints Pères, parce que ces valeurs de sécularisation, comme nous le disions, ne constituent pas une solution en soi. Or très souvent la société, atteignant des extrêmes en ce qui concerne l’oubli de Dieu, cherchera à nouveau la religion, en vertu de la pédagogie divine dans l’Histoire. La sécularisation est un vide spirituel. On ne peut rien fonder sur un vide spirituel. Par conséquent, nous devons demeurer croyants, fidèles au Christ, même si nous sommes peu nombreux, car à partir de ce petit nombre Dieu peut ensuite renouveler la société. Par exemple, le communisme en Roumanie se croyait à un moment donné tout puissant et éternel ; mais l’Histoire a fait en sorte que le communisme a perdu cette position dominante chez nous, et ceux qui avaient été humiliés, qui avaient été marginalisés, les chrétiens, ont reçu de Dieu l’appel à réapparaître, pour que l’Église soit à nouveau présente dans la société.

De même, nous croyons que la sécularisation européenne et nord-américaine ne durera également qu’un temps : par contraste, l’être humain cherchera Dieu. Par ailleurs, nous rencontrons également le défi des autres religions. Par exemple, en France sécularisée, l’Église a été marginalisée, est devenue timide, mais est arrivé l’Islam, qui affirme très fort la foi en Dieu, et la société sécularisée est confrontée maintenant, d’une façon inattendue et même difficile à gérer, à une présence du religieux. Donc, Dieu travaille dans l’Histoire de façon étonnante.

En aucun cas nous ne considérons que la sécularisation de type occidental soit éternelle. Déjà, en milieu sécularisé, existent également des symptômes de redécouverte de la foi, non d’une foi purement formelle, mais d’une foi existentielle, vécue. Nous avons besoin d’une foi témoignée, d’une foi engagée, pas seulement d’une foi nominale. D’où l’importance de la mission de l’Église. Ne cédons pas ; et, deuxièmement, approfondissons les vérités de la foi, afin de trouver dans notre foi un puissant élan.

« La force spirituelle compte d’abord ; ensuite se trouvent les valeurs matérielles »

Le reporter : Votre Éminence, après 1989 l’Église orthodoxe a eu une activité sociale et philanthropique de plus en plus intense. On a fondé des établissements sociaux dans toutes les éparchies, y compris à Iassy. Vous y avez été Métropolite, vous avez déployé une riche activité sociale. L’Église orthodoxe roumaine a-t-elle une force matérielle suffisante pour développer cette activité sociale et philanthropique ?

Mgr Daniel : Elle n’a pas la force matérielle nécessaire, mais nous comptons toujours, d’abord, sur la force spirituelle. S’il existe une force spirituelle, une conviction que la Liturgie s’intègre à la philanthropie, et que la philanthropie doit avoir comme base la Liturgie, nous trouverons les forces matérielles. Cela se voit, par exemple, quand le prêtre veut, dans la Paroisse, faire quelque chose en faveur des pauvres, en faveur des isolés, en faveur des malades. Dieu l’aide lui aussi à trouver un donateur, et il coopère avec les autorités locales… Le plus important est que nous ayons beaucoup d’amour pour Dieu et pour le prochain, et les moyens matériels augmenteront. Jamais nous, les Roumains, n’avons eu de surplus matériel, d’où l’expression « il a donné du peu qu’il a pour l’Église » ou bien « du peu qu’il a, il a aidé les autres plus pauvres que lui ». Ainsi, d’abord compte la force spirituelle, et ensuite on trouve les biens matériels.

Relation avec le monde politique

Le reporter : Toujours depuis 1989, il a été observé une tendance du monde politique à utiliser l’Église, quelquefois, pour son image, à la prendre comme instrument, disons, électoral. L’Église est reconnue comme étant l’institution la plus crédible parmi les Roumains. Comment aborderez-vous, pendant votre patriarcat, la relation avec la politique ?

Mgr Daniel : Nous, en général, nous affirmons, non une opinion personnelle en ce qui concerne les relations Église-Etat, mais celle de l’ensemble du Saint-Synode. Et l’attitude de l’Église toujours valable aujourd’hui, en tant que principe, est la suivante : gardons l’autonomie de l’Église face à l’Etat, sans toutefois que cette autonomie soit d’aucune manière ni une concurrence avec l’Etat, ni un isolement total par rapport à lui. Nous avons déjà inscrit ce principe également dans la nouvelle législation des Cultes : les cultes sont autonomes face à l’Etat, mais en même temps ils coopèrent avec l’Etat pour le bien commun. Donc, nous ne sommes pas une Église d’Etat et nous ne dépendons pas de l’Etat au sens d’une subordination. Toutefois, vu que la majorité de la population du Pays appartient à l’Église orthodoxe roumaine, nous ne pouvons ni nous considérer comme un Etat dans l’Etat, ni éviter de coopérer avec l’Etat.

Quelquefois on cherche peut-être dans les campagnes électorales à utiliser l’image de l’Église ; mais nous, en tant qu’Église, nous n’avons pas de préférence pour un parti particulier. N’oublions pas que dans tous les partis politiques existent des membres de l’Église orthodoxe roumaine, et que par conséquent notre relation avec ces membres est surtout d’ordre spirituel. Ces personnes sont nos frères dans la Foi ou les enfants spirituels de l’Église et, par conséquent, l’Église souhaite cultiver la conscience chrétienne, y compris chez les hommes politiques. En d’autres mots, un homme politique doit être chrétien, non seulement une fois tous les quatre ans, mais tout le temps.

Le reporter : Croyez-vous, donc, qu’il est suffisant de présenter les intérêts de l’Église au sein des instances qui prennent des décisions d’Etat par l’intermédiaire des membres laïcs, ou par les membres politiciens, plutôt que de le faire par l’intermédiaire d’un membre de droit dans un parlement ? Croyez-vous nécessaire cette forme de participation aux décisions ?

Mgr Daniel : L’expérience du passé avec des membres de droit au Sénat n’a pas toujours été bénéfique. Un hiérarque qui siège trop au Parlement ne peut pas s’occuper de son diocèse. Toutefois, il est bien que, lorsque des lois se référent directement ou indirectement à la vie de l’Église, ces personnes soient invitées à exposer leur point de vue.

« Une Orthodoxie agressive n’est attirante pour personne »

Le reporter : Votre Eminence, à l’intérieur de l’Église, nous le savons tous, existe un courant pour ainsi dire « anti-oecuméniste », une peur des moines et des fidèles que l’ouverture œcuménique puisse conduire à la perte de la foi orthodoxe. Vous avez été souvent catalogué d’oecuméniste, quelquefois avec une nuance péjorative. Comment vous définissez-vous vous-même dans ce domaine ?

Mgr Daniel : Je me définis moi-même comme un Orthodoxe réaliste, et non oecuméniste. En fait, dans un monde pluraliste du point de vue confessionnel, religieux, nous pouvons promouvoir l’Orthodoxie, non par l’isolement, mais par le dialogue, par la coopération. Nous avons des millions de Roumains orthodoxes à l’extérieur des frontières du Pays, dans des pays à majorité catholique ou protestante. Par conséquent, le contact et le dialogue sont inévitables. Mais, en ce qui concerne notre engagement dans le Mouvement œcuménique, l’Église orthodoxe roumaine n’est pas toute seule. Dans ce domaine il y a eu de nombreuses décisions panorthodoxes qui recommandent le dialogue et la coopération. Ainsi, même si l’Église russe et l’Église grecque, paraissent quelquefois réticentes, elles sont elles également engagées de façon officielle dans les dialogues œcuméniques internationaux, avec le Patriarcat œcuménique.

Important n’est pas le fait d’être œcuménique ou ouvert, mais la mesure selon laquelle nous utilisons le dialogue et la coopération pour mettre en évidence les valeurs de l’Orthodoxie. Si nous utilisons l’œcuménisme comme une opportunité de faire connaître l’Orthodoxie, c’est bénéfique. Si nous perdons ainsi notre identité, si nous nous dissolvons quand nous dialoguons, bien sûr que cela peut constituer un danger. C’est pourquoi, un témoignage œcuménique authentique et bénéfique aux Orthodoxes ne peut être exercé que s’il est bien préparé, si l’on connaît les valeurs pérennes de l’Orthodoxie et, en même temps, si l’on connaît également les points communs ou les points de divergences avec les autres confessions. Aujourd’hui, face à la société sécularisée, les chrétiens ne sont pas crédibles quand ils sont en conflit. Ils jouissent en revanche d’une grande crédibilité devant le monde sécularisé quand ils dialoguent et quand ils coopèrent, quand ils coopèrent dans le domaine social, face à la souffrance, face à la pauvreté. Par conséquent, il faut que nous voyions cette ouverture œcuménique des Roumains, non comme une simple mode, mais comme une façon de vivre ensemble de manière civilisée, comme un effort de passer du conflit au dialogue, et de la confrontation à la coopération. S’il arrivait que nous relativisions la foi et la morale chrétiennes, alors l’Oecuménisme ne serait plus bénéfique pour nous. Mais pour affirmer les valeurs profondes de l’Orthodoxie, nous croyons qu’il faut le faire par le dialogue, non par le conflit au par l’agressivité. Une Orthodoxie agressive n’est attrayante pour personne. Le laxisme non plus : il se dissoudrait dans un dialogue superficiel, sans discernement critique.

« Nous croyons, non pas en une Église autocéphale, mais dans l’Église catholique »

Le reporter : Croyez-vous que l’Orthodoxie, les Églises orthodoxes nationales sont suffisamment unies dans le message qu’elles transmettent au sein de ce dialogue avec les autres confessions ? Comment croyez-vous qu’on peut fortifier l’unité de l’Orthodoxie ?

Mgr Daniel : Nous avons besoin de rencontres périodiques, régulières, entre Églises orthodoxes autocéphales. Nous l’avons dit en présence du Saint Synode et au nom du Saint Synode, il y a deux ans (n.r. : 2005), en présence du Patriarche œcuménique, Sa Sainteté Bartholomée I, qui a beaucoup apprécié cette proposition. Toutefois, pour le moment il est difficile d’atteindre la régularité dans les rencontres panorthodoxes. Pourquoi les saints Canons demandent-ils que les évêques d’un pays, d’une Église locale, se réunissent au moins deux fois par an, au printemps et à l’automne ? Parce que la conciliarité suppose également des réunions périodiques. Mais au niveau panorthodoxe, c’est-à-dire universel, nous n’avons cette pratique des réunions périodiques qu’une fois tous les trois ans à peu près. Je crois que chaque Église orthodoxe nationale a une valeur particulière, parce qu’elle s’identifie, en général, avec la mission qui est la sienne à l’égard d’un peuple déjà évangélisé. Toutefois, n’oublions pas que dans notre Symbole de foi, nous confessons l’Église « une, sainte, catholique et apostolique ». Nous croyons, non pas en une Église autocéphale, mais dans l’Église catholique, c’est-à-dire l’Orthodoxie dans son ensemble. Or, de ce point de vue, sont très nécessaires non seulement notre dialogue avec les autres confessions mais, en premier lieu, un dialogue plus intense et une coopération plus étroite entre les Églises orthodoxes sœurs.

(Bureau de Presse du Patriarcat roumain)

Traduction Père Marc-Antoine Costa de Beauregard.

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